La réalisatrice britannique Phyllida Lloyd a décidé de s’éloigner du genre de la comédie musicale (Mamma Mia ! en 2008) pour caresser le drame historique en nous proposant cette année La Dame de fer – The Iron Lady, sa biopic consacrée à Margaret Thatcher, première et unique femme ‘Prime Minister‘ de l’histoire du Royaume-Uni de 1979 à 1990.
C’est une ‘MT‘ âgée, sous les traits d’une Meryl Streep absolument bluffante, que nous découvrons dès le début du film : une femme fatiguée, sujette à des hallucinations visuelles et auditives depuis le décès de son mari et âme-sœur Denis ; une femme qui n’a cessé d’être l’unique Premier Ministre du Royaume-Uni dans son propre esprit malgré la fin de son mandat et sa démission du 10 Downing Street en novembre 1990. Par un savant montage fait de flash-back intelligents, nous suivons les vertes années de la jeune Margaret Roberts, fille d’épiciers s’intéressant très tôt à la politique, son admission à Oxford, son parcours politique de débutante, son mariage heureux avec Denis Thatcher et la naissance de leurs jumeaux Mark et Carol, ses combats – et son plan de communication – pour l’investiture du 10 Downing Street à partir de son poste de Ministre de l’Education et des Sciences et bien évidemment, son long parcours politique en tant que Premier Ministre.
Mais ce ne sont finalement pas les questions politiques qui intéressent la réalisatrice ici (sujets qu’elles ne semblent pas dominer) mais plutôt la vie intime de Mrs Thatcher : son ambition en tant que ‘femme moderne’ briguant des postes réservés aux hommes, sa vie de famille, sa place dans son couple auprès de son fantasque mari Denis (parfaitement interprété par Jim Broadbent pour le Denis âgé, vu l’année dernière dans Another Year de Mike Leigh), ses relations avec ses enfants une fois l’époux disparu, tout ces éléments jusqu’à son intimité psychologique de femme vieillissante redoutant d’accepter le passé et l’éloignement de son heure de gloire.
Finalement, devant La Dame de fer, on passe un bon moment sans trop se poser de questions… Les images d’archives incorporées aux flash-back prouvent la violence des faits historiques même si elles détonent avec le traitement trop romanesque du sujet principal – que survole peut-être trop la réalisatrice.












