The Apartment (La Garçonnière), Billy Wilder 1960

 

Grande comédie romantique hollywoodienne dans la même veine que The Seven Year Itch (Sept Ans de réflexion), Some Like It Hot (Certains l’aiment chaud) et Kiss Me Stupid (Embrasse-moi idiot) – du même réalisateur Billy Wilder -, The Apartment est un film étonnamment moderne pour l’époque, mélancolique malgré ses apparences et très tendre, n’en déplaise au sujet d’origine (cette comédie dramatique a pu voir le jour grâce au relâchement de la censure).

LUI : C.C. Baxter (Jack Lemmon) : petit employé d’une compagnie d’assurance à New-York, perdu dans un immense open-space, il rêve de sa promotion. Pour monter en grade, Baxter le célibataire loue son appartement comme garçonnière à ses supérieurs. Exit la vie privée, ce gentil pantin se plie alors en quatre pour favoriser les rencontres entre ses patrons et leurs minettes (quitte à dormir sur un banc en pleine nuit si l’un d’entre eux désire prolonger la « location » quelques heures).

ELLE : Fran Kubelik (Shirley MacLaine) : Liftière de la compagnie d’assurance (elle accueille les employés dans les ascenseurs de l’immeuble), Baxter en tombe amoureux. Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’elle entretient une relation avec son grand patron, Jeff D. Sheldrake, et qu’elle investit par là-même sa garçonnière de temps en temps…

Petit à petit, le spectateur découvre le pot aux roses en même temps que Baxter et Fran : grâce à des objets qui portent en eux une histoire comme le miroir brisé, oublié par Fran dans la garçonnière ; des personnages secondaires qui interviennent dans l’intrigue amoureuse (la secrétaire de Sheldrake, les différents supérieurs de Baxter, son voisin médecin et sa femme, etc.).

Le rythme soutenu et rapide est rehaussé par la musique et le va-et-vient des ascenseurs, symboles de la progression sociale. Le film fait la part belle aux nombreux quiproquos croustillants, aux dialogues malins et aux clins d’œil coquins (comme dans toutes les comédies de Billy Wilder). Mais tous ces moments comiques sont magistralement contre-balancés par une sauce douce-amère qui montre combien les deux personnages principaux sont les marionnettes des responsables de la compagnie.

Billy Wilder remporta 3 Oscars en 1961 pour The Apartment : meilleur scénario, meilleur film et meilleur réalisateur. Jack Lemmon et Shirley MacLaine perdirent l’Oscar de la meilleure interprétation qui alla à Burt Lancaster pour Elmer Gantry et Elizabeth Taylor pour La Vénus au vison. Et Billy Wilder retrouva ses deux acteurs fétiches en 1963 pour Irma la douce.

11 réflexions sur “The Apartment (La Garçonnière), Billy Wilder 1960

  1. Très grand film de Billy Wilder, effectivement! Je l’ai prété, on ne me l’a jamais rendu, je comprends cet oubli!
    Alors je vais me rabattre sur une autre comédie: « Adorable voisine » de Richard Quine avec un duo réjouissant (James Stewart – Kim Novak)

    Il est sorti il y a quelques temps un livre d’entretien de Billy Wilder par Cameron Crowe édité par Institut Lumiéres/Actes Sud (45€)passionnant et indispensable…

    Mais commencé l’hiver avec Shirley Mac Laine et Jack Lemmon est une idée magnifique!

    • Oh, je n’ai jamais vu « Adorable Voisine » ! ça ne fait pas trop bizarre de retrouver le duo Stewart-Novak dans un autre registre bien éloigné de « Vertigo »- « Sueurs Froides » ?

  2. Quelle bonne idée qu’un Billy Wilder. Moi je reverrai bien Some like it hot et surtout l’excellent Boulevard du Crépuscule.
    Capra aussi me donne bien envie en ce moment, notamment « La vie est belle ».

    • Oui, ‘Sunset Boulevard’, incroyable ce film ! J’adore « l’intervention » de Buster Keaton, comme dans ‘Limelight’. Quant à ‘It’s a wonderful life’, c’est peut-être mon film préféré, pour Noël, le choix ultime ! J’aime aussi beaucoup ‘New-York Miami’, ‘Mr Smith au Sénat’, et ‘Arsenic et vieilles dentelles’… Vive tous ces chefs-d’oeuvre !

  3. J’ai suivi ton conseil et je l’ai regardé en début de semaine et j’ai vraiment bien aimé. Une histoire original, bien ficelé !

  4. Pingback: La Vallée de la poudre (The Sheepman), George Marshall « les oreilles entre les yeux

  5. Pingback: I love you Steve Martin ! but… | le-chat-masqué

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s