La Dame de fer (The Iron Lady) de Phyllida Lloyd avec Meryl Streep (2012)

La réalisatrice britannique Phyllida Lloyd a décidé de s’éloigner du genre de la comédie musicale (Mamma Mia ! en 2008) pour caresser le drame historique en nous proposant cette année La Dame de fer – The Iron Lady, sa biopic consacrée à Margaret Thatcher, première et unique femme ‘Prime Minister‘ de l’histoire du Royaume-Uni de 1979 à 1990.

C’est une ‘MT‘ âgée, sous les traits d’une Meryl Streep absolument bluffante, que nous découvrons dès le début du film : une femme fatiguée, sujette à des hallucinations visuelles et auditives depuis le décès de son mari et âme-sœur Denis ; une femme qui n’a cessé d’être l’unique Premier Ministre du Royaume-Uni dans son propre esprit malgré la fin de son mandat et sa démission du 10 Downing Street en novembre 1990. Par un savant montage fait de flash-back intelligents, nous suivons les vertes années de la jeune Margaret Roberts, fille d’épiciers s’intéressant très tôt à la politique, son admission à Oxford, son parcours politique de débutante, son mariage heureux avec Denis Thatcher et la naissance de leurs jumeaux Mark et Carol, ses combats – et son plan de communication – pour l’investiture du 10 Downing Street à partir de son poste de Ministre de l’Education et des Sciences et bien évidemment, son long parcours politique en tant que Premier Ministre.

Mais ce ne sont finalement pas les questions politiques qui intéressent la réalisatrice ici (sujets qu’elles ne semblent pas dominer) mais plutôt la vie intime de Mrs Thatcher : son ambition en tant que ‘femme moderne’ briguant des postes réservés aux hommes, sa vie de famille, sa place dans son couple auprès de son fantasque mari Denis (parfaitement interprété par Jim Broadbent pour le Denis âgé, vu l’année dernière dans Another Year de Mike Leigh), ses relations avec ses enfants une fois l’époux disparu, tout ces éléments jusqu’à son intimité psychologique de femme vieillissante redoutant d’accepter le passé et l’éloignement de son heure de gloire.

Finalement, devant La Dame de fer, on passe un bon moment sans trop se poser de questions… Les images d’archives incorporées aux flash-back prouvent la violence des faits historiques même si elles détonent avec le traitement trop romanesque du sujet principal – que survole peut-être trop la réalisatrice.

7 réflexions sur “La Dame de fer (The Iron Lady) de Phyllida Lloyd avec Meryl Streep (2012)

  1. Je n’ai pas vu ce film, du moins pas encore (quelque chose me retenait d’aller à cette séance… mais un passage de ton billet m’invite à y aller sans sourciller : « Mais ce ne sont finalement pas les questions politiques qui intéressent la réalisatrice ici (sujets qu’elles ne semblent pas dominer ») ». Ces temps-ci il y a une série politique que diffuse Arte chaque jeudi (il s’agit de la première saison). Ca s’appelle « Borgen », où il est question de l’accession au pouvoir d’une femme (leader du parti centriste) au poste de premier ministre du Danemark. « Il y a quelque chose de pourri au royaume de Danemark », écrivait Shakespeare, alors j’imagine bien ce qui doit se tramer en Grande Bretagne – comme partout ailleurs, du reste.

    • Je n’ai pas encore pris le temps de me pencher sur Borgen, mais j’en ai lu tellement de bien !! ça m’intéresse beaucoup.

  2. Pas vu non plus mais raconter la vie de Thatcher plutôt que les faits politiques est peut-etre une façon de parler de la personne derrière le « fer ». (ou alors la peur de parler d’une crise alors qu’il y en a une autre au même moment🙂 )

  3. J’ai entendu beaucoup de mal de ce film, jugé justement trop « superficiel »… En sachant à quoi s’attendre (et ta critique nous y prépare bien), je pense que l’on peut tout de même y trouver du bon. Si je trouve le temps, j’irai peut-être !

  4. Ta critique confirme ce que je pensait : je risque de m’ennuyer devant cette Dame de Fer. Si c’est pour parler d’une femme politique sans parler de politique je ne vois pas trop l’intérêt. D’autant que cette femme s’est montré inflexible, dure et cruelle. Je m’en fiche qu’elle soit gâteuse maintenant ! Si le but de la réalisatrice est de nous attendrir, elle risque de manquer son coup avec moi.
    Je crois que j’irai le voir par curiosité si j’ai le temps…

    • Oui tu peux tenter, tu verras qu’on passe un moment « ni mauvais ni vraiment bon », en fait on oubliera certainement très vite ce film malgré la prestation de Meryl Streep…

  5. Alors, ce film, c’est vraiment un gâchis. Parce qu’en dépit de l’interprétation de Meryl Streep qui est exceptionnelle, le film ne restera pas dans les annales : trop superficiel, pas de recul critique, etc. Au final, c’est plus un film émouvant sur une vieille femme vulnérable atteinte par une maladie neurologique dégénérative que sur la femme politique que fut Margaret Thatcher. Gâchis donc parce que quand un réalisateur dispose d’une telle interprète qui parvient à une prestation aussi bluffante (les autres acteurs sont également très bons), il se doit de réaliser un grand film. Et en creusant la dimension historique et politique, en cherchant une meilleure photographie et en faisant des choix musicaux moins sirupeux, ce film aurait pu être un grand film.

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