Le Complexe du Castor (The Beaver) de Jodie Foster avec Mel Gibson

Présenté lors du Festival de Cannes 2011 (sélection film hors compétition), Le Complexe du Castor (The Beaver) de Jodie Foster se concentre sur l’histoire de Walter Black, admirablement interprété par Mel Gibson qui signe ici son come back et se rachète une conduite grâce à son interprétation d’une justesse désarmante.

Qui est Walter Black ? Un père de famille dépressif, quinquagénaire ne croyant plus en rien, se réfugiant dans le sommeil pour oublier ses multiples difficultés : à vivre, à gérer l’entreprise de jouets héritée de son père, à être lui-même un bon père attentionné et un mari aimant. Mais Walter Black n’est plus que l’ombre de lui-même le jour où sa femme (Jodie Foster) le met à la porte, ne pouvant plus supporter cette souffrance et ses complexes qui les contaminent et les rongent à petit feu, elle et leurs enfants. La solitude d’une chambre d’hôtel, se noyer dans l’alcool et être nul et ridicule jusque dans sa tentative de suicide, c’est aussi ça, Walter Black. Sauf que notre anti-héros a trouvé une vieille marionnette dans un container : un castor.

Une attraction maladive s’acharne alors sur lui et le pousse à porter la marionnette en continu : il ‘pense’ désormais via cet écran, ce double de peluche et utilise cet artefact pour communiquer avec ses proches (et avec lui-même). Ses nouveaux agissements de ventriloque avec sa marionnette semblent être auto-thérapeutiques puisque sa famille le retrouve petit à petit ; mais la schize est bien profonde et suppure discrètement…

Les éléments cinématographiques « Fosteriens » sont bien présents : l’étude attentive des enfants surdoués et mal-aimés (écho à son film Le petit hommeLittle man tate – 1991), l’attrait psychologique que représente chacun de ses personnages, le tout dans un film mêlant le tragique, voire le sordide, à l’absurde. Mel Gibson livre ici une interprétation étonnante (ses exercices de ventriloque sont saisissants, bien mis en valeur par les plans créés par la réalisatrice, où l’on a le sentiment de voir une peluche vivante et maléfique prendre peu à peu possession de son propriétaire). Jodie Foster est, quant à elle, d’une justesse touchante dans son rôle de mère de famille qui tente d’aider ses trois hommes, tous engloutis plus ou moins dans le même cercle vicieux. Cependant, il est réellement fâcheux d’avoir tant voulu donner d’épaisseur au personnage du jeune adulte et fils aîné du couple (Porter Black, interprété par Anton Yelchin). Son histoire d’amour avec la jeune Norah (Jennifer Lawrence) compte tous les instants soporifiques du film et s’incruste de manière maladroite dans la stratégie de Foster de créer des personnages écrans ou miroirs, se répondant les uns les autres pour mieux révéler les complexes générationnels avec lesquels ils doivent pourtant vivre.

8 réflexions sur “Le Complexe du Castor (The Beaver) de Jodie Foster avec Mel Gibson

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  2. Le film me tentait mais j’avais un peu peur à cause de Gibson. Je vais peut-être me laisser tenter en fin de compte🙂

    • Tu entends quoi par là « un peu attendu » ?? Dans le sens, on sait ce qui va se passer ? Non, au contraire, la fin est super étonnante !

  3. Tout à fait d’accord avec ton commentaire ! On se serait bien passés de l’histoire du fils… Cela mis à part, ça reste un bon film.

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