The Big Machine, Emilie Simon

Quatrième album d’Emilie Simon, The Big Machine paru en 2009 est aussi tentaculaire que le Medulla de Björk (2004) mais en plus accessible. Véritable « carnet de bord » de la chanteuse lors de son long séjour à New York, The Big Machine repose sur un travail basse/batterie/voix lyrique et a été enregistré au studio Electric Lady à NYC. Emilie Simon y assume entièrement ses influences (surtout Kate Bush et beaucoup moins Björk) et prend son indépendance, en s’éloignant des univers feutrés, trip-hop et intimistes des trois précédents albums (Emilie Simon, La Marche de l’empereur et Végétal). Elle signe alors un album perturbant, difficile d’accès aux premières écoutes car tellement différent de son univers musical d’origine. Pourtant, The Big Machine a tout pour plaire lorsqu’on le prend tel quel : l’album d’une nouvelle Emilie Simon, d’une révolution faite par tout ce que l’artiste a pu ressentir au cœur de la « Big Apple ». La voix est libérée, les chansons sont comme les tentacules d’une pieuvre qui vous attrape, comme Emilie a pu être absorbée par NY. The Big Machine, c’est tout cela à la fois : la mégalopole aux pouvoirs magiques qui vous prend littéralement et la transformation violente de sa personnalité musicale.

L’influence de Chinatown (premier quartier où vécu Emilie lors de son séjour new-yorkais) se fait entendre dans presque tous les morceaux par 3/4 notes qui reviennent, changeantes, comme une sorte de thème asiatique. L’aisance avec laquelle la chanteuse module sa voix est stupéfiante (n’en déplaise à certaines critiques de l’époque, accusant Emilie d’en faire trop) : libérée des contraintes intimistes d’albums doux comme de la mousse, Emilie déploie une voix aux forts accents lyriques de soprane. La touche synthpop / electropop ne s’est pas envolée même si l’album a d’abord été conçu selon un arrangement piano/voix.

Le tout éclabousse de couleurs et de tourbillons malgré les thèmes récurrents de la perte de soi et de l’autre, où tout est emporté ou volé. J’aime particulièrement les morceaux Rainbow, Dreamland, Chinatown, Ballad of the Big Machine, Closer, Rocket to the moon. Seul point négatif : la dernière chanson,  This is your world, trop « mécanique » à mon goût, malheureusement moins accrocheuse que les autres fameuses tentacules de la Big Machine d’Emilie.

5 réflexions sur “The Big Machine, Emilie Simon

  1. J’adore cet album et notamment la chanson Nothing to do with you.
    C’est vrai que la voix d’Emilie Simon y est parfois un peu trop perchée mais le tout s’écoute avec beaucoup de plaisir !

  2. C’est un très bel album !!! Et je préfère nettement Emilie Simon à Kate Bush.

  3. Pingback: La Délicatesse, David et Stéphane Foenkinos, 2011 | le-chat-masqué

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