Firmin, de Sam Savage

Autobiographie d’un grignoteur de livres

D’ordinaire, je n’aime vraiment pas ces grosses bêtes-là.
Mais celui-ci est trop attachant pour ne pas en parler !
Firmin, de Sam Savage (roman américain, traduit pas Céline Leroy, publié chez Babel – Actes Sud en 2009) est l’histoire d’un rat vivant dans la librairie de Scollay Square, un quartier de Boston, dans les années 60. Dernier né d’une portée de 13 ratons (« le treizième à la douzaine« ), Firmin est rat très intelligent, grand lecteur de Joyce, Hemingway, Fitzgerald, Strindberg, Nabokov, Tolstoï, Balzac, j’en passe et des meilleurs. Au début de son existence, il dévore d’abord les livres au sens propre, puis, rassasié de pâte à papier collante et si difficile à digérer, il se met à dévorer les livres au sens figuré. Tout est bon pour s’occuper : grands auteurs certes, mais aussi livres de médecine, économie, droit, jardinage, faune et flore, littérature érotique, BD’s, polars, etc.

Bien installé au-dessus du plafond de la librairie (espace secret qu’il appelle « La Montgolfière »), notre pauvre rat solitaire se prend alors d’affection pour le libraire Norman Shine. Il s’évertue à lui faire des petits cadeaux mais le libraire n’est pas tout à fait l’être humain « rêvé ».
En échange d’une bague et d’une rose jaune laissées par Firmin sur son bureau, Norman installe plusieurs boîtes de Mort-aux-rats, que le rat prend d’abord pour des friandises… L’empoisonnement passé, Firmin décide à contre-coeur d’aller voir ce qui se passe aux alentours. Quelques incidents de parcours dans un parc et le voici récupéré par un écrivain solitaire et alcoolique à la douce folie, Jerry Magoon – dont le portrait physique fait étrangement penser à l’auteur de Firmin, Sam Savage.

Jerry et Firmin forme un émouvant duo de solitaires et Sam Savage réussit à peindre cette période sombre de Boston, à l’époque où le quartier de Scollay Square est déserté par ses habitants avant d’être entièrement détruit – et dératisé – par la mairie. Beaucoup de poésie dans ce petit roman de 200 pages, à propos des rapports entre les hommes et les animaux, la solitude, le fait d’apprivoiser les autres, l’ennui et l’imagination. Car notre petit rat maigrichon est aussi cinéphile et se plaît à s’imaginer tour-à-tour sous les traits de ces célèbres personnages (en voici une petite sélection)…

6 réflexions sur “Firmin, de Sam Savage

  1. Lorsque j’ai vu l’affiche de ce livre dans toutes les stations de métro je ne pensais plus qu’à lui : il fallait que je le lise.
    Chose faite quelques moi après et ô déception ! Je n’ai pas accroché du tout. Si quelques passages m’ont vraiment plu mon avis général reste plus que mitigé. Ne jamais attendre trop d’un livre, on le dénature après !

    • oui alors que moi, on me l’a prêté et je ne connaissais pas du tout auparavant donc pas de déception, plutôt un bon moment même !

  2. très longtemps j’hésitais à me le prendre…et maintenant que je l’ai lu, je suis assez contente que ce ne fut qu’un emprunt…histoire pas trop mal, mais qui ne restera pas gravée dans ma mémoire très longtemps…

  3. Samuel Savage, jamais entendu parle, normal c’est son premier livre‚ bon, il est vrai que la « DOCTITUDE » de son récit laisse bien voir que ce primo-arrivant dans le marché de l’édition voyage avec des bagages conséquents.
    Détenteur d’un doctorat en philo de Yale, rien que ça, Sam Savage s’est exercé à un grand nombre des métiers, mechano, employé de bureau, serveur…. etc, ce sont sans doute ces moultes expériences et son parcours philosophique que ont façonnait sont approche si minutieux de la nature humaine.
    Firmin, le benjamin d’une porte de treize rats, Flo, leur mère n’en disposait que de douze tétines pour les nourrir , vous pensez bien que les choses de le départ furent dures pour ce petit rat, cela s’endurci encore d’un cran quand ce petit rongeur se rends compte que son passe-temps préféré consiste à lire tout ce qui lui passe entre les mains, plutôt les pattes, de ce côté‚ il sera bien loti, car justement Firmin est né dans une bibliothèque.
    Firmin doué d’une énorme capacité d’introspection et d’observation nous raconte sa vie de rat savant, originaire d’un vieux quartier en voie de destruction du Boston des années 60, Scollary Square abritait toute une faune des bipèdes
    et quadrupèdes dans ce temps là. A le lecture de ce roman, on se rends bien compte que Kafka, Borgés, Céline, Roth et bien d’autres furent des auteurs bien lus par Savage, aucun doute là-dessus! Firmin nous envoie au visage notre inhumanité, la mesquinerie et la pauvreté‚ des nos âmes humaines.
    Ce premier roman de savage est comme une pâquerette matinale qui offre à ceux qui voudront bien bien se donner la peine de la regarder la promesse de la voir éclore montrant ainsi l’or de sa corolle. Je ne peux que être d’accord avec le commentaire des diteurs, dans lequel Alessandro Baricco écrit: Firmin, le rat que Walt Disney aurai inventé s’il avait été Borgés.

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