Le Crime était presque parfait, Hitchcock 1954

Rétrospective Hitchcock, Le Crime était presque parfait

Quel cabotin ce Alfred ! Le ‘maître du suspens’ a encore frappé hier soir à l’Institut Lumière de Lyon lors de la projection en copie neuve de Dial M. for Murder avec Grace Kelly, Ray Milland et Robert Cummings. Malheureusement, pas de 3D pour ce film qui avait pourtant été tourné pour ça (relief stéréoscopique et projection en lumière polarisée avec lunettes). Mais j’ai tout de même ‘senti’ l’effet 3 Dimensions par rapport à certains objets filmés en premier plan comme les accoudoirs du fauteuil près de la cheminée dans l’appartement du couple Tony-Margot Wendice ou encore le bord du bureau qui tient, avec l’objet fétiche de Sir Alfred – la clé, l’un des ‘rôles’ principaux du film.

Une fois n’est pas coutume, on a affaire à un film fétichiste avec des objets-personnages comme les deux clés de la porte d’entrée de l’appartement du couple, le sac à main de Margot contenant une petite pochette violette pour ranger sa clé, les bas féminins, l’imperméable, la fameuse paire de ciseaux, la lettre, etc.
Fétichisme doublé de cabotinage pour cette histoire de meurtre prémédité : Tony Wendice (Ray Milland) demande à une vieille connaissance (Swann, joué par Anthony Dawson) de supprimer sa femme Margot (Grace Kelly) tout en respectant scrupuleusement son plan machiavélique. En effet, il a découvert que Margot avait un amant (Mark, joué par Robert Cummings) et redoute le jour où elle partira avec sa fortune personnelle, le laissant seul et surtout désargenté.

Quasiment à huis-clos, le film est surtout une performance technique de plus dans la filmographie du réalisateur. Loin d’être un chef d’oeuvre, Dial M. for Murder est un bon film, dans lequel le réalisateur taquine sans cesse le spectateur. Une expérimentation de plus pour Hitchcock, malgré un côté un peu terne, quelques faux raccords, la théâtralité de l’ensemble et l’absence de la musique de Bernard Herrmann.

Ce que j’ai particulièrement apprécié dans ce film, ce sont justement ses côtés :
‘on en rajoute une couche et pourtant, le spectateur suit toujours’.
Je pense sincèrement que ce film n’est pas à prendre au sérieux. Le caméo dans lequel Alfred Hitchcock se place au coeur d’une photographie de vieux copains d’école en est certainement l’annonce. L’ironie constante du personnage joué par Ray Milland, l’aspect artificiel de la femme fatale au foyer jouée par Grace Kelly ou encore l’humour de l’inspecteur Hubbard (l’excellent John Williams habitué des réalisations de Hitchcock) sont d’autres éléments qui renforcent l’aspect comique ou grand-guignol.

18 réflexions sur “Le Crime était presque parfait, Hitchcock 1954

  1. « loin d’être un chef d’oeuvre », tu rigoles?!!

    Enfin, moi je dis plus rien.

  2. ouai c’est surement ça! Moi j’aime ses plans, ses prouesses techniques et le plus important le suspens qu’il crée. Quand elle dit « allo, allo » (ou « hello, hello » si tu l’as vu en anglais) pendant 5 minutes, c’est génial. la scène du meurtre est remarquable tant par ses trouvailles que par sa manière d’etre filmée. La petite enfoncée de la pointe du ciseau dans le dos, c’est énorme quoi!

    • mais Grace Kelly c’est une beauté froide, une beauté papier glacé. Ingrid Bergman, Joan Fontaine, Kim Novak, Barbara Bel Geddes me font ressentir beaucoup plus de choses qu’elle. (héhé, je t’énerve là, non ?)😉

  3. ah mon dieu! j’ai failli avoir une crise cardiaque!
    tout d’abord, je n’aime pas trop Kim Novak.
    après, comment tu peux dire ça de Grace Kelly? Elle joue tout en retenue. Elle est glaciale et torride à la fois. Peu d’actrices peuvent nous faire ressentir ça. Et n’oublie pas qu’elle a été la favorite d’Hitchcock. Elle aurait joué dans beaucoup d’autres de ses films si elle ne s’était pas mariée. Elle aurait du jouer Marnie et le rôle de Kim Novak dans Vertigo. Certes Ingrid Bergman est super mais tu peux pas dénigrer Grâce, comme ça. non non non et non!!

    • Mon problème avec Grace Kelly dans ce film (et dans d’autres SAUF Fenêtres sur cour) c’est qu’elle ne me fait rien ressentir. Et à la rigueur : c’est pas plus mal puisqu’elle doit jouer un jouet entre les deux hommes, une jolie marionnette riche mais complètement malmenée par les hommes.

  4. « Elle est un phénomène rare dans le cinéma : une lady. C’est une véritable actrice. Elle fait partie de ces personnalités qui peuvent se glisser dans n’importe quel rôle important. Elle a un regard photogénique plein de fraîcheur, mais qui n’est absolument pas enfantin ou juvénile. Ingrid Bergman a la même qualité. Elle suggère l’intelligence. »
    ou encore
    « Savez-vous que Grace Kelly, apparemment si froide, cache un volcan de sensibilité, d’érotisme et de passion ? Personne ne le croyait avant de voir mes films. Pour l’élément érotique de ces films – qui n’en a jamais été l’élément principal – j’ai toujours cherché de vraies ladies qui, à l’instant voulu, déchaîne des passions dont on les aurait jamais crues capable. La pauvre Marilyn Monroe portait son sexe sur la figure et Brigitte Bardot n’était pas non plus très subtile. Le sex-appeal de Grace Kelly est bien plus complexe, on ne le ressent pas d’emblée, mais il existe.»

    Si Hitchcock n’arrive pas à te faire voir tout le talent de Grace, je vois pas comment je pourrais!!

  5. Mais bien sur!

    mais c’est comme quand tu recontres un scientifique qui te dit que la littérature ne sert à rien. Je pense qu’il nous tient tous à coeur de lui prouver le contraire en lui montrant que, non, les littéraires ne sont pas tous des babas!!

  6. Je n’aime pas ce film d’Hitchcock. A cause des acteurs, de leur jeu. Et pour aller à l’essentiel, je me dis que Grace Kelly n’aurait jamais dû se marier avec l’autre charlot du rocher de Monaco.

  7. J’ai juste envie de participer au débat sur Grace Kelly qui il faut l’avouer n’est pas l’actrice du siècle. D’ailleurs de ses trois films tournés avec Hitchcock, le plus convaincant est Rear Window, et j’aurai presque envie de dire parce que James Stewart… son troisième film la main au collet n’est pas non plus bouleversant et pourtant Cary Grant… ce grand acteur inoubliable dans Philadelphia Story de George Cukor au coté de l’immense Katharine Hepburn et le jeune James Stewart… D’ailleurs Grace Kelly allait tenter sa chance dans un remake de Philadelphia Story avec Frank Sinatra… pour un triste résultat!

    Une filmographie plutôt maigrichonne…

  8. Pingback: Rétrospective Hitchcock, Institut Lumière Lyon | le-chat-masqué

  9. Un bon petit film d’ambiance policière avec la fameuse scène du ciseau. Mais il est vrai que ce film ne peut être qualifié de « chef d’oeuvre », expression qu’on emploie un peu trop, à mon goût, concernant les films d’Hitchcock ! Ca restera un film assez mineur voire commun, dans sa filmographie !

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