Michael Caine in Get Carter (La Loi du milieu) – 1971

Get Carter, before Carter gets you

Je trouve difficile de parler des films des 70’s. Encore plus lorsque je ne suis pas certain d’avoir bien compris toute l’histoire. Dans le cas de Get Carter, version de 1971 réalisée par Mike Hodges (Pulp, Flash Gordon) – je ne parlerai pas ici du remake avec Sylvester Stallone qui date de 2000 et que je n’ai pas vu – c’est surtout la fin qui me laisse perplexe.

L’acteur clé de Get Carter (La Loi du milieu) est l’immense Michael Caine à la filmographie longue comme un jour sans pain (qu’on retrouve actuellement au cinéma dans Harry Brown). Dans ce film de gangsters et de règlements de compte sur fond d’histoire sordide de pornographie juvénile, Caine est Jack Carter, qui débarque de Londres à Newcastle pour assister aux funérailles de son frère Frank et venger sa mort suspecte (retrouvé mort ivre dans un accident de voiture). L’histoire complexe et incroyablement ficelée conduit Carter à démêler le vrai du faux et à retrouver la bande de coupables. Frank Carter a été supprimé pour l’empêcher d’avouer à la police l’existence d’un réseau de prostitution créé à des fins filmographiques (dont faisait partie sa fille Doreen, entraînée malgré elle par l’entourage malsain de son père).

La musique du film composée par le jazz-man Roy Budd colle parfaitement à l’ambiance psyché et violente du film. Les peaux, les chairs sont une fois de plus surexposées, comme dans la plupart des films de cette époque (cf. Frenzy d’Alfred Hitchcock). Sexualité et violence sont les terribles forces de ce film au rythme maîtrisé. Michael Caine en lion grimaçant maltraite et éradique allègrement hommes et femmes qui se trouvent sur son chemin tout en conservant son célèbre flegme britannique et sa classe de gentleman. Un comble.

Il y aurait encore beaucoup de choses à dire sur ce film. Vraiment. Quant à la fin, je pense lui donner une interprétation un peu ‘tirée par les cheveux’ mais tant pis, j’y tiens malgré tout.
En bord de mer, sur des collines de bruyère détruites en partie par les mines de Newcastle, Jack tue l’un des derniers meurtriers de son frère (un sale type qui faisait partie lui aussi du réseau de proxénétisme). Dans une rage folle, il lui fait subir le même traitement que feu son frère et le force à ingurgiter des litres de whisky, sous la lucarne de son fusil. Puis il le frappe avant de déposer son corps dans un wagon de minerai : le tout est jeté à la mer par le mécanisme aérien de dispersion des gravas. Cette scène est peut-être la plus forte et la plus insoutenable du film.

Une fois le dernier meurtre commis, Carter redescend vers la mer.
Un fol enthousiasme se lit sur son visage mais aussi la part sombre de sa folie vengeresse. Carter, heureux et satisfait, décide alors de lancer son fusil à la mer. Au même moment, il se fait stopper net dans son mouvement par une balle qui l’atteint en pleine tête. Le plan suivant se porte sur le tueur à gage (portant une bague avec la lettre ‘J’ gravée), qui s’éloigne de dos.
Mon interprétation : Carter n’ayant plus rien à perdre (son frère est mort, sa nièce qui est peut-être sa fille a perdu toute innocence, sa maîtresse Anna – Britt Ekland – a été frappée par le gang à cause de sa relation avec lui) a demandé comme dernière volonté à un type de son gang, de l’éliminer une fois son dernier meurtre commis ‘mais pas avant 6h du matin‘ comme le précise Carter par téléphone.
Mais je me trompe peut-être complètement. Donc je propose à tous ceux qui auraient vu ce film de me donner leurs interprétations plus réalistes (Carter est tout simplement rattrapé par ses ennemis ?). Get Carter est de toute manière un grand film à voir et à revoir pour tout comprendre de ses plus fins rouages.

6 réflexions sur “Michael Caine in Get Carter (La Loi du milieu) – 1971

  1. J’ai vu Get Carter récemment avec un immense plaisir et en très bonne compagnie, mais je ne crois pas à cette fin où Carter prémédite sa mort meme si il se sait « cramé » dans le milieu dans lequel il bosse. Je vois dans son euphorie, le bonheur d’avoir vengé son frere de la meme manière qu’il s’est fait déssoudé.Une fois ce sale boulot terminé, il jette son fusil en guise d’une retraite…qui sera éclaire.
    J’espère que cette légère divergeance n’entrainera aucune dispute car elles me donnent des sueurs froides et je déteste ça.

  2. Bonsoir le chat masqué!
    Tout d’abord, merci pour ta visite sur mon blog et d’avoir pris la peine de me laisser un commentaire. Je suis très friande de commentaires😉
    J’ai vu Get Carter il y a déjà un moment et mon idée était que Jack se faisait tuer par un de ses ennemis, je n’ai jamais pensé à un « suicide ». Je le trouve trop enragé pour songer à en finir avec la vie…
    Permets moi de te renvoyer ton compliment : très bon article!

  3. Je viens de le regarder sur internet en version originale et sans sous-titres : oj… j’ai adoré. C’est un film vraiment remarquable. J’ai beaucoup aimé l’atmosphère de Newcastle, sa réalité morne et grise, ses ruelles sombres, ses pubs enfumés, ses intérieurs de mauvais goût (la scène de sexe au téléphone, aux côtés de sa logeuse, est très bien faite).

    Michael Caine est magnifique en anti-héros pervers et cynique : à aucun moment il nous fait oublier l’obscurité de son personnage (dans ce sens-là, c’est un thriller autant qu’une étude de caractère sur la nature humaine dans ce qu’elle a de pire).

    Moi, ce que je comprends des dernières scènes du film, c’est qu’on a affaire depuis le début à un type en panne d’émotions, un scélérat qui, gouverné par la haine et le désir de vengeance, supprime une à une ses victimes avec toujours la même cruauté : dure et froide (le coup de couteau, l’injection à la seringue…). Dans la lettre « J » qui figure sur la bague de son propre assassin, j’y vois le mot « Justice »😉

    Merci à toi de m’avoir fait découvrir ce film, j’ai passé un bon moment !

  4. Marrant votre comparaison avec Frenzy : saviez-vous en effet que Hitchcock avait dans un premier temps proposé le rôle de l’étrangleur à Michael Caine qui, refusant d’endosser le rôle d’un pervers sexuel, laissa sa place à Barry Foster.
    Bien à vous.

  5. Pingback: I love you Steve Martin ! but… | le-chat-masqué

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