Breezy, Clint Eastwood (1973)

J’ai beau être un vrai matou, coriace et roublard (qui en douterait ici ?), je peux aussi, parfois, m’avouer fleur bleue (si si). Et c’est le cas ce soir, oui, je me sens l’âme d’un grand romantique… Alors parlons d’un beau film d’amour : Breezy, de Clint Eastwood (1973).

Réalisé après l’angoissant Un Frisson dans la nuit (Play Misty for me) et le testostéroné Homme des hautes plaines, Breezy raconte l’histoire d’amour naissante entre Frank Harmon (William Holden) et Edith Alice Breezerman surnommée ‘Breezy’ (Kay Lenz). Mais Frank est un ours mal léché quinqua et Breezy est une jeune hippie mineure. Aïe, ça sent l’histoire compliquée, voire impossible, je suis d’accord avec vous.

Guitare dans le dos pour seul bagage, Breezy fait de l’auto-stop lorsqu’elle rencontre Frank Harmon (elle vient tout juste d’échapper au sale pervers de la voiture précédente qui lui avait alors proposé de l’emmener). Frank lui apparaît de suite comme un gentil grincheux « au nuage noir au-dessus de la tête ». En quelques secondes, leurs destins sont liés. Breezy va petit-à-petit s’immiscer dans la vie de Frank telle une petite souris, dont il ne pourra plus se passer.

Le spectateur assiste à la douce naissance d’une passion entre ces deux êtres si différents. Eastwood nous sert parfois quelques scènes à l’eau de rose, avec des couchers de soleil sur une plage, un couple heureux qui marche dans le sable suivi d’un toutou… Ce qui est curieux, c’est qu’on y croit ! On sourit un peu mais on se laisse attendrir. Ce n’est jamais mièvre car les dialogues sont riches et malins, les protagonistes s’accordent parfaitement malgré la différence d’âge. Et surtout, on ressent bien ce qui risque de leur arriver : le regard des autres, les préjugés, les a priori sociaux risquent à tout moment de briser leur idylle et Eastwood réussit à créer ici un suspens, une sorte d’angoisse. On sent que tout cela risque de s’écrouler d’un moment à un autre, et pourtant leur histoire reste suspendue.

Finalement, Breezy d’Eastwood pourrait être un Lolita des années 70. Et ce n’est pas un hasard si l’héroïne est ‘remplie d’amour’ (elle appelle le chien ‘Lot of Love’), contrairement à la Lolita de Nabokov qui est loin d’être « Peace and Love » (on pense à Sue Lyon – Lolita – qui humilie James Mason – Humbert Humbert – dans le film de Kubrick). Eastwood réécrit ici une oeuvre phare sur l’amour entre une « nymphette » et un « vieux beau », à la sauce seventies… et c’est plutôt réussi !

5 réflexions sur “Breezy, Clint Eastwood (1973)

  1. J’ai vu les deux films, « play misty for me » et celui ci, et bien la critique est très juste, deux films à voir !

    • Je ne savais pas que tu avais vu ces 2 films Vincent ! As-tu vu L’homme des hautes plaines ? La filmographie d’Eastwood est gigantesque, tu en as-vu beaucoup ?

  2. Pingback: Au-delà (Hereafter) de Clint Eastwood | le-chat-masqué

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