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A l’homme qui me rend heureuse…

Cette semaine, je désire rendre hommage à un homme qui sait parfaitement me rendre heureuse. Après la sérénade jouée par ce cher Steve Martin et son banjo, l’homme de ma semaine utilise brillamment ses cordes vocales pour m’apporter joie, bonheur et légèreté. Oui, l’homme de ma semaine est grand, élégant, souriant, candide et surtout : il sait me fait rire. Son nom ? Эдуард Анатольевич Хиль. Pardon, je traduis pour les ignorants : Eduard Anatolyevich Khil. Non, toujours pas ? Appelons-le Mr. Trolololololo : cela lui sied parfaitement.

Tes célèbres cousins Igor et Grichka (Bogdanov) m’avaient mise en garde : ils avaient, bien sûr, anticipé ce coup de foudre provenant tout droit du “Temps X”. Mais grâce à toi, Edvard, c’est une véritable “Odyssée du Passé” que j’entreprends lorsque je te vois : ce décor moutarde, ces structures métalliques si joliment installées derrière toi, ton costume amidonné marron t’offrant ce teint olive font paradoxalement ressortir ton talent, ta joie de vivre : nul besoin d’effets de lumière arc-en-ciel ou d’une tenue multicolore. Miser sur la sobriété prouve à quel point tu rayonnes par ta seule présence. Une belle preuve d’énergie positive digne des plus grands philosophes orientaux…

A toi qui manie l’onomatopée comme une arme de combat contre la morosité de notre époque (et des siècles derniers…) : je comprends ta perplexité face aux moqueries de la toile et des réseaux sociaux qui se gaussent d’une telle prestation. Ces gens sont jaloux Edvard. De ton sourire ravageur, de ta cravate dorée, de tes cheveux si… hum. Et surtout, ils envient ton aisance à réaliser des vocalises de haute volée en veux-tu, en voilà.

Rassure-toi, le chanteur élégant, l’ancêtre de Bryan Ferry, n’était pas moins ridicule que toi en 1960… (Le comble : le noir et blanc n’y change rien !)

Oh Land, nouvel album de l’artiste danoise Nanna Øland Fabricius

La belle découverte musicale de cette semaine (parmi d’autres… dont j’essaierai de vous parler prochainement), c’est le nouvel album de Nanna Øland Fabricius, alias Oh Land, une belle danoise de 25 ans qui vit désormais à Brooklyn, dont l’album éponyme m’a enthousiasmée du début jusqu’à la fin…

Son genre ? Une musique pop électronique et expérimentale, à la fois fraîche et spontanée, qui vous saisit en un rien de temps. J’adore tout simplement les morceaux “Perfection“, le tubesque “Sun of the gun” et ses “whouah” plein de souffle danois si frais à l’oreille, le rythme imparable de “Voodoo“, la prestance de “Lean”, l’impression de composition parfaite à l’écoute de “Wolf & I“, les paroles de “Human“, la naïveté onirique de “White nights“, l’évolution du titre “Rainbow“, etc. Un très grand plaisir pour les oreilles !

Et pour aller plus loin, si Oh Land vous plaît autant qu’à moi :

“Sun of the Gun” – Oh Land
“Lean” – Oh Land

The Big Machine, Emilie Simon

Quatrième album d’Emilie Simon, The Big Machine paru en 2009 est aussi tentaculaire que le Medulla de Björk (2004) mais en plus accessible. Véritable “carnet de bord” de la chanteuse lors de son long séjour à New York, The Big Machine repose sur un travail basse/batterie/voix lyrique et a été enregistré au studio Electric Lady à NYC. Emilie Simon y assume entièrement ses influences (surtout Kate Bush et beaucoup moins Björk) et prend son indépendance, en s’éloignant des univers feutrés, trip-hop et intimistes des trois précédents albums (Emilie Simon, La Marche de l’empereur et Végétal). Elle signe alors un album perturbant, difficile d’accès aux premières écoutes car tellement différent de son univers musical d’origine. Pourtant, The Big Machine a tout pour plaire lorsqu’on le prend tel quel : l’album d’une nouvelle Emilie Simon, d’une révolution faite par tout ce que l’artiste a pu ressentir au cœur de la “Big Apple”. La voix est libérée, les chansons sont comme les tentacules d’une pieuvre qui vous attrape, comme Emilie a pu être absorbée par NY. The Big Machine, c’est tout cela à la fois : la mégalopole aux pouvoirs magiques qui vous prend littéralement et la transformation violente de sa personnalité musicale.

L’influence de Chinatown (premier quartier où vécu Emilie lors de son séjour new-yorkais) se fait entendre dans presque tous les morceaux par 3/4 notes qui reviennent, changeantes, comme une sorte de thème asiatique. L’aisance avec laquelle la chanteuse module sa voix est stupéfiante (n’en déplaise à certaines critiques de l’époque, accusant Emilie d’en faire trop) : libérée des contraintes intimistes d’albums doux comme de la mousse, Emilie déploie une voix aux forts accents lyriques de soprane. La touche synthpop / electropop ne s’est pas envolée même si l’album a d’abord été conçu selon un arrangement piano/voix.

Le tout éclabousse de couleurs et de tourbillons malgré les thèmes récurrents de la perte de soi et de l’autre, où tout est emporté ou volé. J’aime particulièrement les morceaux Rainbow, Dreamland, Chinatown, Ballad of the Big Machine, Closer, Rocket to the moon. Seul point négatif : la dernière chanson,  This is your world, trop “mécanique” à mon goût, malheureusement moins accrocheuse que les autres fameuses tentacules de la Big Machine d’Emilie.