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‘Un balcon sur la mer’, de Nicole Garcia

Avec Un balcon sur la mer au titre on ne peut plus Gracquien, Nicole Garcia joue à Hitchcock : Marie-Josée Croze est la Kim Novak de la réalisatrice de l’Adversaire (2002) et Selon Charlie (2006). Jean Dujardin, un nouveau James Stewart ? En théorie… car Vertigo (Sueurs froides) ne peut être égalé. Cependant, Nicole Garcia pousse le vice jusqu’à apparaître dans une scène, comme le faisait Sir Alfred (lorsque Cathy patiente, observée par un type louche, dans le salon de réception de l’hôtel à la fin du film).

Marc (Jean Dujardin) est agent immobilier dans le sud de la France. Il est marié à Clotilde (Sandrine Kiberlain) et a une fille de 11 ans surnommée Manouche. Lors de la vente d’une bastide, il croit reconnaître en sa cliente son amour d’enfance, Cathy, qu’il aimait en Algérie lorsqu’il avait 12 ans (à la fin de la guerre d’indépendance). Ils se retrouvent passionnément mais la jeune femme le quitte après une nuit d’amour, sans laisser d’adresse ou de téléphone. Il la revoit le jour de la signature mais ne peut pas l’aborder personnellement (il a pour collaborateur son beau-père… discrétion oblige). Il lui donne simplement rendez-vous une heure plus tard dans une chambre d’hôtel. A son arrivée, la belle a déjà disparu. Marc a cependant de plus en plus de soupçons à son sujet : qui est-elle vraiment ? Elle connaît tout de leur vie passée en Algérie, lorsqu’ils étaient de jeunes voisins amoureux. Mais cette femme cache un secret. Sur fond de magouilles liées aux affaires de ventes d’immobilier, Marc va enfin découvrir la véritable identité de Cathy.

Marie-Josée Croze incarne une nouvelle fois le personnage de la femme fatale et énigmatique (je pense à Ne le dis à personne de G. Canet). Le duo qu’elle forme avec Jean Dujardin fonctionne bien, mais la sauce est plutôt longue à prendre (ce qui peut-être explicable par l’enchevêtrement des flash back et des scènes où Marc recherche Cathy). J’ai aimé le travail de photographie des premiers plans sur ces images d’Algérie, avec une lumière particulière pour un rendu esthétique (Nicole Garcia, native d’Oran, nous livre ici un film autobiographique). Mais il manque vraiment un je-ne-sais-quoi de charme, de grâce et de mystère pour refaire Vertigo.

Des ‘Petits mouchoirs’ jetables comme un kleenex

Parlons d’un film que tout le monde a vu (ou presque) : les Petits Mouchoirs de Guillaume Canet (2010).
Oui oui, je sais, je suis un peu “en retard” car ce film est sorti en salles il y a plus d’un mois… J’ai un peu traîné des pattes pour y aller. Mon museau de matou avait senti comme une arnaque derrière les affiches jaunes et le titre mignonnet. Aujourd’hui, je peux le dire : mon intuition féline ne m’avait pas trompé.

Film de potes, pour des spectateurs qui vont le voir entre potes, les Petits Mouchoirs célèbre – paraît-il – l’Amitié (pendant les vacances). C’est je crois surtout un remake de Camping version Bobos Trentenaires Parisiens. Qu’on ne me dise surtout pas, la larme à l’oeil, que “tout le monde peut se retrouver dans ce film”, je miaulerais au scandale.
L’histoire : un type a un accident de scooter à la sortie d’une boîte de nuit (alcool, drogue, fiesta, dépression & gueule de bois). Malgré tout, ses “meilleurs” amis décident de partir en vacances au Cap-Ferret, comme tous les ans. Voilà. (si si, voilà l’histoire). Ah non, pardon, j’oubliais : les vacances ne vont pas être de tout repos car les uns et les autres vont subir les affres de la remise en question (sur l’amour, l’amitié, la vie de couple, la sexualité). Sacré élément perturbateur. On ajoute à cela la conclusion tragique et le moment où les spectateurs sortent à leur tour leurs… petits mouchoirs. C’est court à écrire – mais à voir, c’est TRES long.

Ceci est un navet

Allons droit au but : les acteurs sont nuls (Cluzet égal à lui-même c’est-à-dire insupportable, Magimel à côté de la plaque – dommage -, Cotillard nous fatigue, Gilles Lelouche en fait trois tonnes,…). Les dialogues sont niais au possible. On a beau mettre du David Bowie ou du Nina Simone, ça ne colle pas du tout avec les images ! Les beaux sentiments, des chanteurs sur le sable, les yeux dans l’eau – oups, on se croirait dans une chanson de Rock Voisine. Des clichés en veux-tu, en voilà… Bref, c’est tout ça le dernier film de Guillaume Canet.

J’ai lu sur un certain site très célèbre dédié au cinéma l’avis d’un spectateur : “si on n’aime pas ce film, c’est qu’on ne comprend rien à la vie”

Mea culpa, je vous présente ici seulement l’avis d’un chat !