Archives du Tag: film d’horreur

Dream House, nanar de mes rêves…

Dream House ou le navet à la sauce pseudo-épouvante qui occupe un dimanche après-midi pluvieux…

Je l’ai peut-être fait exprès finalement, en ne choisissant pas d’aller voir le dernier Gus Van Sant (Restless) ou l’excellent Drive dont tout le monde parle. A la place, j’ai opté pour ce film idiot. Avec un Daniel Craig tout bébête (évidemment, depuis Cowboys et extraterrestres…) dans cette espèce de construction à la Shutter Island qui ne tient pas la route. Encore une histoire de maison hantée autour d’un méchant papa psychopathe qui aurait tué ses deux filles et sa femme, avec pour ingrédients : syndrome de dédoublement de la personnalité et amnésie… mais aussi, revanche des fantômes, qui sont gentils puisqu’ils dévoilent aux humains La Vérité ! Hourra ! Me voilà qui repense à Insidious en me disant que finalement, c’était peut-être pas si mal que ça… :-/

Rétrospective Hitchcock : Frenzy (1972)

Premier film présenté lors de la rétrospective Alfred Hitchcock à l’Institut Lumière de Lyon, Frenzy est surtout le dernier long-métrage britannique du réalisateur (1972).

Frenzy (qui signifie délire, frénésie et inspirera à Roman Polanski son Frantic en 1988) est un thriller mettant en scène un maniaque sexuel qui étrangle les femmes avec sa cravate. Deux personnages masculins sont particulièrement mis en avant : Richard ‘Dick’ Blaney (Jon Finch) licencié d’un emploi de barman et Robert ‘Bob’ Rusk (Barry Foster) grossiste en fruits et légumes à Covent Garden (ce dernier acteur ressemble étrangement à Michael Caine – en plus malsain – à qui Hitchcock avait proposé le rôle). Très vite, le film nous livre l’identité du meurtrier. Mais l’un des deux est accusé de crimes qu’il n’a pas commis (même s’il n’est pas tout blanc). Tout le suspens réside dans la façon dont le meurtrier fabrique des preuves accablantes pour se sauver et faire accuser un autre homme.

J’aime particulièrement ce film qui me paraît très original dans la filmographie du ‘maître du suspens’. Je le trouve authentique et ‘cradingue’ (excusez le langage mais c’est vraiment le mot qui me vient à l’esprit par son côté grand-guignol). Les visages des personnages sont laids, sales, poussiéreux et ils transpirent tous sous leurs vêtements orangés, verdâtres et marrons.
Hitchcock, qui n’est plus inquiété par la censure, ne nous fait plus seulement des clins d’oeil lubriques : il insère pour la première fois des scènes sexuelles et de nudité, où les corps de femmes ressemblent à de la viande crue (la nourriture est une grande thématique hitchcockienne). Plusieurs scènes symbolisent parfaitement cela : le corps de la femme étranglée, jeté dans le camion de pommes-de-terre ; la femme du policier qui grignote tout en s’interrogeant sur le cadavre de ‘Babs’…

Hitchcock nous livre ici un ‘sale’ portrait de l’Angleterre des 70′s, similaire à ce que proposait Sidney Lumet la même année dans son incroyable The Offence avec Sean Connery dans son rôle le plus noir (sorti seulement en 2007 en France).

Je vous laisse en compagnie de Sir Alfred. Il va tout vous expliquer…

The Omen : Damien, plus diabolique à 5 ans qu’à 12

Je n’ai pas encore abordé la question des films d’horreur… En chat courageux, je crois que c’est le moment !

Je viens de découvrir la série des films The Omen, La Malédiction, à partir des deux premiers opus : Omen I, The Antichrist (1976) et Damien : Omen II (1978), inspirés du roman original de David Seltzer.

Le premier, réalisé par Richard Donner (Superman), a pour personnage principal Robert Thorn joué par le grand Gregory Peck. Très amoureux de sa femme Katherine, il adopte un enfant à la maternité au moment où Katherine perd leur véritable fils : sans rien laisser paraître et pour la sauver d’un traumatisme, il choisi d’élever “leur” fils à partir de ce premier secret. Mais cet enfant dont on ignore les véritables origines possède lui aussi un secret et rapidement, de nombreux accidents inexplicables entourent la petite famille de Thorn (ambassadeur des Etats-Unis à Londres).

Un prêtre cherche absolument à le mettre en garde d’une catastrophe imminente et tente vainement d’expliquer à M. Thorn que l’enfant qu’il a adopté est en réalité le fils du Diable. L’atmosphère autour du petit garçon devient pesante et étrange : sa nurse se pend le jour de son anniversaire devant tous les invités et les enfants ; sa remplaçante arrive du jour au lendemain sans avoir été commandée et présente un comportement des plus étranges ; un énorme rottweiler rôde dans leur maison et investit la chambre du garçonnet ; Damien est pris de panique le jour où ses parents veulent l’emmener à l’église à l’occasion d’un mariage, etc. Petit à petit, la mère de Damien ne parvient plus à supporter son fils et se rend chez un psychiatre pour comprendre d’où viennent les mauvais sentiments qu’elle porte à l’égard du garçon. Finalement, après X accidents et suspicions, le père Brennan et le photographe Keith Jennings finissent par convaincre Robert Thorn du caractère diabolique de Damien.

Thorn se décide à mener une “enquête” pour comprendre les origines du mal, se rend jusqu’à Meggido (Armageddon) avec le photographe pour rencontrer le spécialiste des religions et exorciste Bugenhagen et récupérer les uniques armes qui ont le pouvoir de tuer à jamais l’Antéchrist Damien. Mais le sort de M. Thorn et de son entourage est désormais scellé…

Le second film (de Don Taylor) vous laisse bien sûr présager que Damien n’a pu être tué par son père. Tous ont péri autour de lui. Il a 12 ans et vit auprès de son beau-père Richard Thorn (William Holden) le frère de Robert Thorn, sa belle-mère et leur fils son cousin, avant d’intégrer une prestigieuse école militaire. Et l’histoire est la même : tous ceux qui tentent de prévenir Richard Thorn du maléfice de son fils adoptif meurent dans d’atroces souffrances (la grande-tante Marion, la journaliste biographe de Bugenhagen, le conservateur du musée Thorn, etc.).
Le jeune garçon est protégé par ses sbires comme dans le premier opus : cette fois-ci, pas de chien ni de nurse mais un corbeau, l’assistant de son beau-père et le sergent Neff qui révèlent au garçon qui il est (en lui conseillant de se plonger dans la Bible pour connaître son histoire). Damien quitte la naïveté de l’enfance en découvrant sa réelle identité. Après un court refus de sa part de se plier à son destin, il se pare des attributs mentaux du malin en propageant le malheur autour de lui et accepte sa destinée d’Antéchrist.

En comparant les deux films, on voit tout de suite combien le premier est un excellent thriller religieux et le second, un film d’horreur raté qui tourne au grand guignol. On préfère le jeux des acteurs de The Omen I (Gregory Peck en père vengeur contre William Holden effacé et lointain face à l’horrible situation). On ressent une réelle angoisse avec le premier, faisant penser à Rosemary’s Baby de Polanski qui le précède de 8 ans. Le travail effectué sur les questions religieuses est riche de sens et de suspens et l’enquête menée par Robert Thorn sur la cité archéologique de Meggido prouve que le thème du Da Vinci Code ne date pas d’hier. Aussi, on pourrait plus parler de thrillers psychologiques, plutôt que de films d’horreur (mais les codes ont certes changé entre les années 70 et aujourd’hui). Il me reste à voir les deux derniers opus de la série d’origine et le remake La Malédiction, sorti le 6/06/06 avec Mia Farrow et Liev Schreiber. Pas sûr qu’ils provoquent autant d’angoisse que le premier…