Aujourd’hui, mercredi 16 novembre 2011, sort au cinéma le dernier long-métrage de Philippe Ramos, Jeanne Captive, avec Clémence Poésy dans le rôle-titre, Mathieu Amalric, Jean-François Stévenin et Thierry Frémont. Mais vous ne trouverez pas ici de “critique” de ce film puisqu’il ne passe que dans 24 salles de notre cher pays – contre presque 800 pour le dernier volet de Twilight. De plus, dans ces 24 salles répertoriées, aucune trace d’un cinéma situé en région Rhône-Alpes : donc encore moins de chance de le voir, comme pour le dernier Bergman, En présence d’un clown, sorti en salles il y a un an. Je n’ai plus qu’à attendre sa sortie en DVD, en regrettant de ne pas pouvoir profiter d’une avant-première comme cela avait été le cas pour l’avant-dernier long métrage de Philippe Ramos, Capitaine Achab, présenté par le réalisateur lui-même au CNP Terreaux de Lyon en 2008. Les temps changent, nous menant plus vers le bas.
L’exposition temporaire du musée d’art moderne Richard Anacréon de Granville consacrée à “Christian Bérard l’enchanteur” touche à sa fin : une belle visite que je vous conseille si vous passez vos vacances en Normandie, à propos de laquelle il est facile de faire un parallèle avec l’autre exposition consacrée à l’un de ses plus célèbres amis, Christian Dior (“Dior, Le Bal des artistes”, au musée Christian Dior de Granville jusqu’au 25 septembre 2011).
En quelques mots, Christian Bérard (1902-1949) était un peintre, illustrateur, scénographe, décorateur et créateur de costumes appartenant au groupe des artistes dit “néo-humaniste” dans les années 30. Son nom n’est finalement pas très connu et pourtant, cet artiste était un proche ami de Christian Dior, Jean Cocteau, Pierre Fresnay, Louis Jouvet, André Brulé, Jean-Louis Barrault, et bien entendu de son compagnon Boris Kochno.
Homme de mode et de scène, il a su créer les décors et costumes de plus de cinquante pièces de théâtre, d’opéra, de ballets ou de films. On retrouve d’ailleurs un hommage à Christian Bérard dans la dédicace “A Bébé” dans le film “Orphée” de Jean Cocteau en 1950.
Reconnaître les œuvres de ce “néo-humaniste”…
Les costumes d’opéra…
La Symphonie Fantastique d’Hector Berlioz (1957)
Des croquis et dessins évoquant les thèmes récurrents de la mort et de la tragédie, qui influencent la création de ses costumes.
Des correspondances : avec Jean-Louis Barrault, Colette, Julien Green, Max Jacob, Gen Paul, etc.
Au cinéma : des maquettes de décor et costumes pour le film de Marcel Carné “Juliette ou la clé des songes” (1941), “L’Aigle à deux têtes” (1946) et “La Belle et la Bête” de Jean Cocteau (1946).
Christian Bérard peintre : des portraits et autoportraits de style “néo-humaniste”, genre qui se pose en réaction au cubisme, par le retour aux lignes inspirées de la Renaissance italienne.
L’amour de la finesse et de l’élégance ; la force des amitiés romantiques et spirituelles ; le respect des lignes du corps de la femme à mettre en valeur au cœur de superbes créations ; une imagination active retranscrite au quotidien au sein de croquis précieux… Voilà tout ce que l’on découvre au centre de la création de “l’enchanteur” Christian Bérard.
A toi, Steve Martin : véritable énigme du cinéma comique américain, cher Jack Lemon contemporain à qui l’on aurait trop rarement donné sa chance, oui, toi que mes amis confondent si souvent avec Leslie Nielsen ! Intriguée par ta carrière aux antipodes de ton charisme, je t’avoue : j’ai récemment subi une grave “crise Steve Martin”. J’ai même cru, un moment, devenir une Steve Martin-maniac, finissant par être “sevrée” de ma nouvelle passion par le visionnage accru de tes longs-métrages – si souvent ratés. Car le Steve Martin grand cru est rare. Ainsi, je savoure tes quelques films réussis tout en luttant contre une déception grandissante à chaque découverte de long-métrages dans lesquels tu apparais – en ayant, certes le plus souvent, le premier rôle. Quoi qu’il en soit, je persiste et signe : I love you Steve Martin, but…
Stand up & air quotes
Car le monde te ressemble sans même le savoir ! Non, nous n’avons pas tous entrepris des études de philosophie, nous ne jouons pas forcément du banjo et ne faisons ni des grimaces, ni des tours de magie… mais nous t’imitons parfois par un geste, précis (certains l’ont même transformé en tic de langage) : nous aimons pratiquer le “air quotes“, issu de tes dignes années de Stand-up (au début des années 70 dans l’émission de la NBC Saturday Night Live). En d’autres termes : nous aimons signifier des guillemets en faisant des mimics avec 4 doigts : et cela nous vient de toi ! Merci Steve.
I love you so much in…
Cher Steve, je te dis oui en 1982 lorsque tu donnes la réplique à Humphrey Bogart, Burt Lancaster, Kirk Douglas, Cary Grant et Ava Gardner dans le mythique film Les Cadavres ne portent pas de costard (Dead men don’t wear plaid) de Carl Reiner. Je t’adore dans l’hilarant Trois Amigos! (¡Three Amigos!) de John Landis (1986) dans le personnage de Lucky que tu interprètes auprès de tes compères Chevy Chase et Martin Short (accompagné de Randy Newman pour ce qui est du scénario et de la musique). Je te redécouvre roublard débile aux côté de l’immense Michael Caine dans Le plus escroc des deux (Dirty Rotten Scoundrels) de Frank Oz (1988) et je m’émerveille encore (oui, totalement béate devant tant de talent, mais attendez, ça va se corser…). Je ris une fois de plus aux éclats lorsque tu joues auprès Goldie Hawn dans Fais comme chez toi ! (House sitter) en 1992 et Escapade à New York (The Out-of-Towners) en 1999. Enfin j’avoue, Bowfinger (1999) est un très bon film. Même si Eddy Murphy en fait encore trois tonnes… toi, tu es parfait.
Why Not ?
Alors, ensuite, je te dis “oui, pourquoi pas…” : pour Roxanne (1987), où tu incarnes un Cyrano de Bergerac contemporain en pompier amoureux de sa dulcinée interprétée par Darryl Hannah. Car tu es tout de même assez irrésistible. Mais ça se gâte quand même un peu (beaucoup ?) la même année avec le film de John Hugues Un Ticket pour deux (Planes, Trains & Automobiles – oui, avec un titre comme celui-là, ça ne sent pas le chef d’œuvre). Tu as beau y faire tous les efforts du monde, cette comédie est aussi lourde que ton collègue John Candy…
WHAT ARE YOU DOIN’ PIG EYE JACKSON ?
Des échecs, tu en as connu (je pense notamment à tes débuts et au film musical beatlesien Sgt. Pepper Lonely Heart Club Band en 1978). Mais, après m’avoir tant séduite, pourquoi détruis-tu tout mon amour pour toi dans d’incroyables navets ? Que s’est-il passé pour l’improbable film The Jerk (Un vrai schnock) en 1979 ? Pourquoi tant de débilité dans Sergent Bilko (1996) où tu retrouves pourtant une ancienne partenaire, Glenne Headly (Le Plus escroc des deux). Qu’est-ce que tu fabriques en 1992 lorsque tu interprètes un évangéliste escroc dans le film très raté de Richard Pearce En toute bonne foi (Leap of feath) ? Sans compter le nombre de fois où tu as dû reprendre des rôles célèbres, dans l’ombre de Spencer Tracy (Le Père de la mariée) ou de Peter Sellers (La Panthère rose)… Je ne continuerai pas à m’entêter à vouloir regarder tous tes films dans l’espoir d’y dénicher des pépites (mes amis risquent de prendre peur). Je souhaitais seulement te rendre un petit hommage car dans le fond, je sais que tu le mérites amplement.