Le Chat qui venait du ciel, Hiraide Takashi
Le Chat qui venait du ciel est le premier roman d’Hiraide Takashi, largement autobiographique. L’auteur-narrateur raconte la douce histoire d’amour particulière qui lie de manière sacrée le couple qu’il forme avec sa femme au petit chat qui investit un jour le beau et grand jardin de l’ancienne demeure japonaise où ils vivent. De manière métaphorique, ce chat prénommé "Chibi" est l’âme du jardin soigneusement aménagé par le couple de personnes âgées propriétaires du pavillon. Mais l’animal appartient aux voisins du jeune couple, surtout à leur petit garçon. Ce roman raconte comment le couple va finir par oublier ce point important, en adoptant à leur manière ce chat qu’ils appelleront "Dingding" (pour le bruit de sa clochette).
"Après avoir joué tout son saoul, Chibi avait pris l’habitude de revenir dans la maison pour se reposer. La première fois qu’il s’est endormi chez nous, posé comme une perle sur le canapé où il dessinait une virgule, la maison tout entière a été plongée dans une joie profonde, comme en face d’une scène concevable seulement dans les rêves". (p18)
Ce court roman (130 pages) s’évertue ensuite à brosser un portrait de la vie du jeune couple et de leurs échanges avec le petit animal, jour après jour, saison après saison. Le rapport au présent se réalise via la "présence" du chat, ses habitudes quotidiennes, ses postures et ses propres rituels qui ponctuent le Temps. Jusqu’au jour où le chat disparaît. Le temps n’est alors plus le même. Les projets du couple vacillent. Et surtout, ils réalisent à quel point ce chat était devenu à leurs yeux LE repère essentiel.
A partir de cette disparition, l’auteur-narrateur investit par son écriture le champ de l’ombre et de l’énigme. La tonalité devient parfois même "bizarre" lorsqu’il raconte ses échanges avec la voisine – propriétaire dudit chat. C’est cette ambiance étrange qui nous tient alors en haleine de la seconde moitié du roman jusqu’à la toute dernière phrase, à la fois révélatrice et stupéfiante. Le Chat qui venait du ciel est une douce lecture, qui peut se lire comme un poème contenant des images sensibles et bienfaitrices, comme on aime en retrouver dans la littérature asiatique. C’est aussi, bien évidemment, un très joli livre à offrir aux amateurs de petits félins.




