Archives de la Catégorie Expositions

Un jour, j’achetai une momie… Emile Guimet et l’Egypte antique, au Musée des Beaux-Arts de Lyon

Parallèlement à l’exposition consacrée aux Années Expressives du peintre lyonnais Jean Martin (1911-1996), le Musée des Beaux-Arts de Lyon propose sa nouvelle exposition temporaire au titre original “Un jour, j’achetai une momie…”, consacrée à l’une des grandes passions d’Émile Guimet (1836-1918), l’Égypte antique. Justement, de Guimet nous connaissons surtout son musée des Arts Asiatiques à Paris (place Iéna). Pour cette exposition tant attendue, Geneviève Galliano, conservateur en chef du département des antiquités du musée, a souhaité dévoiler une facette moins connue de l’industriel lyonnais, grand collectionneur d’objets d’art à partir des années 1860 lorsqu’il choisit une destination à la mode : l’Égypte. Cette période signe alors le début de sa passion pour l’égyptologie, l’archéologie, la philosophie et l’étude des religions orientales par le biais de lectures : Champollion, Chabas, de Rougé. A la fin des années 70, il choisit de faire le tour du monde, accompagné du peintre Félix Régamey (1844-1907). Émile Guimet continue d’acheter de nombreuses œuvres d’art oriental jusqu’à l’ouverture de son premier musée à Lyon en 1879, puis de son fameux musée à Paris en 1888. Aujourd’hui, les œuvres du musée de Lyon (fermé en 2007) sont en cours de transfert au futur musée des Confluences à Lyon qui ouvrira ses portes en février 2014.

L’exposition “Un jour, j’achetai une momie…” réunit principalement des pièces égyptiennes acquises par Émile Guimet : stèles, amulettes et figurines funéraires, statues, papyrus, sarcophages et momies… Plus de 350 objets dont ceux découverts dans la nécropole d’Antinoé (dont il finance les fouilles), qui proviennent de musées prêteurs comme le Musée du Louvre, le Musée Guimet des arts asiatiques, la BNF, le musée d’Orsay et les musées lyonnais (Confluences, Musée des Tissus, Musée Gallo-romain, Institut Lumière, etc.). Le visiteur peut aussi découvrir des objets ayant appartenu personnellement à Émile Guimet comme son bureau, ses ouvrages de référence, des lettres et de nombreuses photographies. Malheureusement, j’ai trouvé cette exposition trop linéaire, peu surprenante et assez triste dans son organisation et la mise en valeur des œuvres d’art exposées. L’ensemble paraît peu captivant et l’on s’attache finalement assez peu à la figure de l’homme visionnaire et habité que fut Émile Guimet

Sources : site officiel du Musée des Beaux-Arts de Lyon

Akseli Gallen-Kallela (1865-1931) Une passion finlandaise, au Musée d’Orsay, Paris

Du 7 février au 6 mai 2012, le Musée d’Orsay rend hommage au génie finlandais de la fin du 19e et du début du 20e siècle à travers la première exposition monographique en France consacrée à l’artiste Akseli Gallen-Kallela (1865-1931). Cette exposition met en valeur les liens qu’entretenait cet artiste avec la vie artistique parisienne de l’époque : un créateur remarqué en 1900 au cœur du Pavillon Finlandais de l’Exposition Universelle de Paris.

Paysans et vie rurale

Le peintre consacre les premières années de sa vie d’artiste (1884) à l’étude de la vie rurale finlandaise et aux paysages de Carélie (dès 1890).
Garçon et corbeau, La vieille et le chat…

Paris

L’époque des séjours parisiens entre 1884 et 1889, des études auprès de William Bouguereau et T. R. Fleury. Mal du pays, échanges avec les artistes scandinaves présents à Paris comme le suédois August Strindberg. Nus d’atelier (Démasquée), scènes de rue (Boulevard Parisien). Participations au Salon de la Société des artistes français en 1886, 1888 et 1889.

Portraits

Ou comment peindre la haute société du grand duché et les familles bourgeoises (capitaines d’industrie, armateurs, industriels, professeurs). Son modèle favori : sa jeune épouse Mary Gallen.

Paysages finlandais

Naturalisme et réalisme en faisant de la Carélie un territoire mythique. Mise en place d’éléments abstraits pour transformer les paysages en icônes.

Symbolisme

Entre 1893 et 1894, le peintre se consacre à des représentations de scènes bibliques, où se mêlent théosophie et occultisme. Visite du premier Salon de la Rose-Croix à Paris en 1892. Ad Astra : revisiter le thème de la Résurrection vue comme une libération. Symposium : l’artiste, un journaliste endormi et les compositeurs de musique finlandais Robert Kajanus et Jean Sibelius.

Le Kalevala

Représentation de l’épopée d’Elias Lönnrot (1830-1835), symbole de l’identité nationale. Style naturaliste, suivi d’un nouvelle technique étonnante (exagération des couleurs, lignes claires, décors stylisés). Défense du Sampo, La Mère de Lemminkaïnen…

Le mausolée Juselius

En 1898, Gallen réalise le décor du mausolée de la fille unique d’Arthur Juselius, décédée à 11 ans : fresques représentant le cycle de la vie et de la mort.

Arts décoratifs

1894-1895 : réalisation de meubles en bois, céramiques, papiers peints, inspiration Art Nouveau Belge (Horta).

Art total

Comme le suédois Carl Larrson : architecture et décoration intérieure. Gallen érige sa maison-atelier Kalela en 1894/1895 ainsi que son propre mobilier. Il participe activement à l’Exposition Universelle de Paris en 1900.

Afrique

Pour fuir les tensions politiques en Finlande, l’artiste part s’installer avec sa femme et ses enfants en Afrique (Kenya) pour 16 mois : œuvre expressionniste sous influence allemande.

> Site officiel du Musée d’Orsay, exposition Akseli Gallen-Kallela

Prochaine exposition à Orsay : Degas et le nu, du 13 mars au 1er juillet 2012

Georges Simenon, parcours d’un écrivain belge : Musée des lettres et des manuscrits de Bruxelles

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de naissance de l’écrivain belge le plus traduit au monde : Georges Simenon, né le vendredi 13 février 1903 à Liège (naissance déclarée par sa mère superstitieuse le 12 février pour éloigner le mauvais sort…). Je saisis cette occasion pour vous parler de l’exposition consacrée au créateur du Commissaire Maigret, organisée par le nouveau Musée des lettres et des manuscrits de Bruxelles, qui se tient dans les superbes Galeries Royales Saint-Hubert depuis le 23 septembre 2011 et se terminera dans quelques jours, le 24 février 2012.

Une belle occasion d’inaugurer ce musée en découvrant le parcours de cet écrivain belge aux multiples casquettes : journaliste, auteur sous quelques 25 pseudonymes de 176 romans populaires, et de plus de 200 romans, 155 nouvelles et 25 textes autobiographiques sous son propre nom. Simenon : un fou de travail sous une personnalité très complexe qui nous est présenté ici selon un mode chronologique :

  • Une jeunesse liégeoise et le départ pour Paris
  • Georges Simenon et Liège
  • Georges Simenon et Tigy Renchon
  • Georges Simenon et Maigret
  • Georges Simenon et l’après-guerre
  • Georges Simenon et l’écriture
  • Georges Simenon, l’Amérique et Denyse Ouimet
  • Georges Simenon et le retour en Europe

Ce sont environ 160 lettres et manuscrits qui sont donnés à voir au visiteur, ainsi que de très nombreuses photographies et des lettres/manuscrits d’auteurs contemporains comme Céline, Camus, Max Jacob, François Mauriac ou André Gide, peut-être son plus grand admirateur. D’autres documents sont assez extraordinaires comme ses calendriers de travail : judicieusement colorés avec en bleu ses jours d’écriture et en rouge ses jours de correction (en laissant “reposer” entre les deux périodes de travail).

« Un personnage de roman, c’est n’importe qui dans la rue, mais qui va jusqu’au bout de lui-même. »

> Georges Simenon, parcours d’un écrivain belge, au Musées des lettres et des manuscrits de Bruxelles, 23 sept 2011 / 24 fév 2012. Site officiel du musée.