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La Princesse de Montpensier, Bertrand Tavernier (2010)

Splendeurs et misères de la Princesse de Montpensier

Dans le film de Bertrand Tavernier, La Princesse de Montpensier, on découvre au cœur des guerres de religions les querelles d’eros et d’épées de toute une petite cour liée par la consanguinité (brrrr, décidément, ça fait froid dans le dos cette époque !). Car entre cousins, on tombe malheureusement tous amoureux de la même femme : la belle Marie de Mézières (Mélanie Thierry).

Henri de Guise (Gaspard Ulliel), Philippe Prince de Montpensier (Grégoire Leprince-Ringuet), le ténébreux Duc d’Anjou (Raphaël Personnaz), tous unis par le lien du sang se disputent les faveurs de la demoiselle. Et comme ça ne suffit pas, on ajoute bien sûr le Comte de Chabannes (Lambert Wilson) qui en tombe éperdument amoureux. Sacrée veinarde la Mézières me direz-vous…

Et bien non, la jeune Marie n’est pas heureuse malgré tous ces courtisans ! Car sa vie ne sera faite que de soumissions : accepter le mariage arrangé par son père avec le prince de Montpensier, oublier son amour d’enfance le futur Duc de Guise, se plier à la décision humiliante du Duc d’Anjou après un bal qui tourne mal, etc. Finalement, tout ce petit monde se joue d’elle et de ses désirs sauf peut-être un seul homme (elle ne le découvrira que trop tard). Je ne vous révèle pas ici son identité.

A partir de là, qu’aimer dans le film de Tavernier ?
Les dialogues qui jonglent entre historicité et modernité (mais je n’ai pas lu la nouvelle de Madame de la Fayette) ; la beauté des costumes ; la musique de Philippe Sarde ; la crudité du traitement des sentiments de la femme (le trouble intense ressenti par Marie lorsqu’elle comprend le complot qui se joue d’elle entre tous ces hommes ; elle, nue, devant la famille princière lorsqu’elle est préparée par ses servantes à sa nuit de noce ; la consommation du mariage, etc.). Mais tout est loin d’être parfait. On regrette le manque de panache des scènes de batailles (des guerriers qui manquent d’ardeur ou de vivacité), et certaines répliques ou jeux d’acteurs théâtraux (surtout les rôles féminins qui entourent Marie de Montpensier).

Malgré tout, ce film relève le défi principal : celui de peindre l’histoire d’une femme constamment tiraillée entre la raison et les sentiments, soumise à la loi des hommes et résignée face à leur commandement.

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