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Batman returns (Le Défi), Tim Burton (1992)

La dernière fois que je me suis intéressée au Batman du réalisateur américain Tim Burton, je me posais cette question : le premier film Batman de Tim Burton (1989) a-t-il vieilli ?… Ma réponse résumait alors une très bonne surprise et un étonnement face à la modernité de ce premier opus. Qu’en est-il du second film, sorti en 1992 ? Correspond-il encore à mes quelques souvenirs d’enfance ?

Alors je préfère prévenir de suite : je vais sûrement me faire des ennemis avec ce nouveau billet – je connais une amie qui ne supportera pas. OUI : le second Batman de Burton a vieilli et fait terriblement 90′s. Dès la première scène qui précède le générique (ô combien réussi et captivant grâce à la musique de Danny Elfman), j’ai été surprise de voir apparaître un couple ‘so nighties’, deux jeunes acteurs trop grimés pour en faire des vieux (pourquoi ne pas avoir choisi directement un couple âgé ?) : je parle ici des parents d’Oswald Cobblepot, alias Le Pingouin (Danny DeVito). C’est alors que Burton fait du Burton (ce qui n’était pas le cas dans le premier film) : la manière dont est amorcé le récit, ce couple qui s’enfonce dans la nuit, sur les routes et les ponts enneigés pour se débarrasser de leur affreuse progéniture… sont des éléments cinématographiques beaucoup trop ‘Burton’ et sombres à mon goût, pas assez proches de l’univers original du comics de Bob Kane (si respecté dans le premier film).

Dans ce cas, les trois années qui séparent la réalisation des deux films me semblent être une décennie. Pire que ça : je me suis ennuyée ! Etrangement, j’ai eu le sentiment que ces personnages de fiction qui m’avaient tant effrayée petite n’étaient que de grotesques caricatures, des marionnettes agitées par le ‘prestidigitateur’ Burton pour mettre en avant ses propres artifices visuels. Mon esprit critique ayant évolué en 19 ans (oui, heureusement !), j’ai été assez gênée par la transformation si rapide de la cruche Selina Kyle en sulfureuse Catwoman (Michelle Pfeiffer – très sexy et animale au demeurant). A croire que Burton ne sait pas du tout faire dans la demi-mesure… Idem pour le personnage de Max Schrek : je n’ai jamais pu m’habituer à ce Christopher Walken arborant perruque blanche et maquillage cheap. Batman (Mickael Keaton) semble, lui, avoir disparu de la circulation de Gotham City, au profit du Pingouin qui lui vole la vedette… pour le meilleur et pour le pire (surtout le pire). Je citerai ici la scène catastrophique de la préparation de la campagne municipale du Pingouin, lorsqu’il est accueilli par des tas d’abrutis tous plus clichés les uns que les autres : beaucoup de blabla pour rien, ou si, pour une scène ridicule, dépassée et trop longue. Sans rancune, je préfère toutefois revoir le premier film, nettement plus riche, malin, enlevé et moins soporifique…

PS : Avant de me hurler dessus, n’oubliez pas de le REvoir ! J’accepterais volontiers vos critiques à partir de là… Sachant que Burton avait refusé à l’origine de tourner ce deuxième opus : les studios l’ont convaincu en lui offrant tous les passe-droits – on comprend mieux ainsi le fossé existant entre le premier et le second film…

Le ‘Batman’ de Tim Burton (1989) a-t-il vieilli ?

On se méfie souvent des films des années 80′s… des clips, de la mode, des coiffures, et des morceaux de musique aussi ! Autant dire que je craignais un peu de revoir le premier film Batman réalisé par Tim Burton en 1989. Finalement, ce film a-t-il réussi à traverser l’épreuve du temps (et des fameuses années 80′s si… hum… indéfinissables !) ?

Première bonne surprise : la musique composée par Danny Elfman, compositeur fétiche de Tim Burton, car la BOF n’a pas pris une ride. Elle nous transporte toujours autant au cœur de la sombre ville de Gotham City. Second bon point : le travail de Burton sur ses plans, pensés et conçus comme de véritables vignettes tout droit sorties du comics original de Bob Kane. Et malgré des éléments eighties comme quelques lumières-néons ou de la fumée sortant des bouches d’égouts comme dans les clips ringards de cette époque, l’esthétique de l’ensemble ne déconcerte pas. Quant au rythme du film, il est toujours aussi vif et captivant.

Que penser de ce film et de ses personnages à l’époque de la saga repensée par le réalisateur britannique Christopher Nolan (Batman Begins – 2005, The Dark Knight – 2008, et prochainement The Dark Knight Rises en 2012) ?

Personnellement, je reste bluffée par le jeu de Jack Nicholson en Jocker aux multiples facettes : aussi diabolique que drôle, aussi cynique que charmeur (ce qui n’est pas le cas du Jocker interprété par Heath Ledger en 2008 – tant porté aux nues -, qui verse surtout dans le Jocker sombre et torturé). De même, Michael Keaton est à mon avis un Batman/Bruce Wayne plus accessible que celui joué par Christian Bale depuis 2005, plus humain aussi – il n’a pas la grosse voix de super héros de ce dernier et c’est tant mieux ! Quant à Kim Basinger, elle est une belle héroïne un brin cliché dont la blondeur rappelle celle de Madeleine/Judy (Kim Novak) dans ce plan de l’escalier “à la Vertigo“, lorsque Jocker l’entraîne tout en haut du clocher dans l’une des dernières scènes du film : un beau clin d’oeil à Hitchcock.

Vingt-deux ans plus tard, il y a certes ce plan où Jocker carbonise un collègue de Carl Grissom (Jack Palance) en lui serrant la main qui me semble décalé et grossier en vue de l’évolution des effets spéciaux. Côté bande originale, on ajoute les morceaux composés par Prince qui font peut-être datés, mais ils s’accordent si bien au style et à l’humour de Jocker qu’on oublie leur aspect “Purple Rain”.

N’en reste pas moins que le premier film Batman de Tim Burton (qui précède Batman ReturnsBatman Le Défi sorti en 1992) est aujourd’hui encore un excellent film fantastique !