Archives de la Catégorie Chamophone

Little Broken Hearts, le nouvel album de Norah Jones produit par Danger Mouse

On attendait depuis plus de trois ans le nouvel épisode de la métamorphose de Norah Jones après l’étonnant The Fall qui marquait une étape décisive dans l’évolution artistique de la célèbre fille de Ravi Shankar. Et Little Broken Hearts est enfin sorti, avec sa pochette audacieuse et déroutante, 100% mauvais genre, copie de l’affiche du film Mudhoney du sulfureux réalisateur Russ Meyer, sorti en 1965 : une affiche qui a, semble-t-il, inspiré la belle Norah pendant tout l’enregistrement de ce nouvel album…

La mignonnette de Blue Note a donc définitivement tourné la page des bluettes jazzy en faisant sien l’esprit de Rome de Danger Mouse (son producteur, alias Brian Burton) et Daniele Luppi, album concept auquel elle avait participé en 2011 auprès de Jack White, sur les titres Season’s Trees et Black.

Même s’il est d’une facture absolument différente, Little Broken Hearts poursuit le récit des ruptures (sentimentale et artistique) entamé par The Fall, en creusant certains aspects biographiques de l’amoureuse comme la douleur d’avoir été trompée (Good Morning), les mensonges qui entraînent la séparation (Say Goodbye), sa rancœur envers une rivale féminine (She’s 22, Happy Pills, Miriam) et la volonté de retrouver son moi malgré l’absence de l’autre, par la force, l’élan de la revanche et le désir puissant de gagner sa propre légèreté – et liberté. Le travail de Danger Mouse est bien évidemment hyper reconnaissable par sa clarté, la pureté des arrangements et l’effet pop-easy listening que l’on avait déjà pu apprécier sur Rome, même si ces effets ont parfois tendance à être considérés comme créateurs de disques trop propres – donc trop lisses. Little Broken Hearts possède cet esprit vintage si particulier à la personnalité de ce producteur passionné de cinéma, une tonalité qui révèle d’un cran la sublime voix de Norah Jones. Good Morning, Take It Back, Travellin’On, Happy Pills sont autant de titres qui démontrent une fois de plus la richesse de sa palette vocale, divinement colorée.

Concert Duran Duran, All You Need Is Now Tour, Forest National de Bruxelles, 29 janvier 2012

J’ai assisté au concert de Duran Duran du 29 janvier 2012 donné au Forest National de Bruxelles, à l’occasion de la seconde partie de leur All You Need Is Now Arena Tour. Simon Le Bon avait bien heureusement retrouvé sa voix et toute son énergie pour nous offrir avec Nick Rhodes (aux claviers), John Taylor (à la basse) et Roger Taylor (à la batterie) un incroyable show !

Tous leurs plus grands tubes étaient de la partie ainsi que de nombreux titres de leur dernier album ô combien réussi All You Need Is Now (sorti le 21 décembre 2010). Une prodigieuse énergie de la part du groupe et du public très en forme, de beaux moments visuels sur Blame The Machines avec les incrustations des images de Metropolis de Fritz Lang, le final de The Man Who Stole A Leopard avec la vidéo de la speakerine que l’on entend à la fin du morceau, le clip de Girl Panic ! parfaitement ajusté à la chanson live, le rythme endiablé de Safe emmené par la chanteuse-choriste du groupe Anna Ross, l’excellent début de The Reflex avec le concours d’une personne du 1er rang pour lancer la chanson avec Simon, et enfin l’invitation à tweeter en direct avec le hastag #duranlive, permettant à tous les possesseurs de smartphone dans la salle de voir leurs tweets défiler sur l’écran au dessus de la scène… On n’oublie pas non plus les chorégraphies hyper sophistiquées – et totalement improbables – de notre cher Simon ! ;-)
Pour résumer, une soirée inoubliable et terriblement vibrante !

Forest National – Set List

Before The Rain (All You Need is Now)
Planet Earth (Duran Duran)
A View To A Kill
All You Need Is Now (All You Need Is Now)
Blame the Machines (All You Need is Now)
Come undone (Wedding Album)
Safe (All You Need is Now)
The Reflex (Seven and the Ragged Tiger)
The Man Who Stole A Leopard (All You Need is Now)
Notorious (Notorious)
Girl Panic ! (All You Need is Now)
Tiger Tiger (Seven and the Ragged Tiger)
White lines (Thank You)
Ordinary World (Wedding Album)
Hungry Like The Wolf (Rio)
Sunrise (Astronaut)
Wild Boys [Encore]
Girls On Film (Duran Duran)
Rio (Rio)

> La vidéo du final, superbe version de Rio

> Le clip luxueux de Girl Panic !

Kisses On The Bottom, Paul McCartney

Quelques jours après la sortie (discrète, comme d’habitude) du dernier album de Ringo Starr sobrement intitulé Ringo 2012, Sir Paul McCartney nous propose son nouvel opus : Kisses On The Bottom (…toujours aussi coquin notre Macca à 70 ans !).

Ce qu’on remarque d’emblée : une très belle pochette blanche, illustrée de plusieurs photographies “romantiques” : oui, Paul est follement amoureux de sa Nancy, cela se voit ; cela s’entend ! On ne compte pas moins de 16 titres pour ce bel album de reprises de standards de jazz que Paul avait l’habitude d’écouter dans son enfance (ainsi qu’une reprise d’un titre de la période des Wings, la superbe “Baby’s request” sur Back To The Egg, de 1979). Paul McCartney, accompagné du London Symphony Orchestra, collabore ici avec bon nombre de ses amis dont Diana Krall au piano, les frères Pizzarelli et Eric Clapton aux guitares, John Clayton à la basse ou encore Stevie Wonder à l’harmonica. Au cœur de cet album vintage, trois titres sont signés McCartney : My Valentine, Only Our Hearts et bien évidemment Baby’s request.

Pour résumer, Kisses On The Bottom est une pépite à écouter sans modération pendant cette période d’hiver rigoureux : effet cocooning garanti… en attendant les rééditions Deluxe (Archive Collection) de Ram, Venus and Mars, Wings At The Speed Of Sound et Wings Over America (Miam !).

Tracklisting – Kisses On The Bottom

1. I’m gonna sit right down and write myself a letter
2. Home (when shadows fall)
3. It’s only a paper moon
4. More I cannot wish you
5. The glory of love
6. We three (my echo, my shadow and me)
7. Ac-cent-tchu-ate the positive
8. My Valentine
9. Always
10. My very good friend the milkman
11. Bye bye blackbird
12. Get yourself another fool
13. The inch worm
14. Only our hearts
15. Baby’s request
16. My one and only love

> Lire l’article du blog Les oreilles entre les yeux